Association française pour l’information sur la ménopause et la prévention de l’ostéoporose

Femsante.com : Monsieur le Professeur, que peut-on dire aux femmes qui ne veulent pas prendre de traitement hormonal à la ménopause par crainte du cancer ?

Pr André GORINS : de récentes publications, amplifiées et déformées par les media, ont provoqué un véritable vent de panique (et aussi chez nombre de Médecins) concernant le risque éventuel de cancer du sein induit par le THS.

En réalité, si une augmentation du risque existe, elle est extrêmement  FAIBLE au plan individuel (c’est-à-dire en nombre de cas réels par rapport aux cas attendus) et encore des BIAIS peuvent-ils se glisser, rendant les « statistiques » discutables.

C’est ainsi que dans l’étude américaine WHI , menée de façon apparemment rigoureuse, les femmes « traitées » n’avaient pas de symptôme de ménopause, étaient âgées de 63 ans au départ et étaient, pour une bonne part d’entre elles, obèses, hypertendues, hypercholestérolémiques … D’autre part, les molécules données aux U.S.A. (Premarin  + médoxyprogestérone acétate quotidiennement en continu) ne sont guère utilisées en France etc.

Quant à la One Million Study anglaise, elle comporte de grossières erreurs et lacunes qui la rendent peu crédible.

Enfin, dans l’état actuel des choses, il apparaît que l’estrogènothérapie donnée seule (chez les femmes hystérectomisées) n’accroît nullement le risque de cancer du sein.

Il faut donc rassurer les utilisatrices de THS, tout en rappelant la nécessité absolue d’une bonne surveillance clinique des seins, d’une mammographie préalable à toute mise en œuvre du traitement et de sa répétition périodique (tous les 2 ans).

Une vigilance sans relâche, un colloque constamment entretenu entre le Médecin et la femme sont les garants de la sécurité.

Par ailleurs, les autres cancers gynécologiques ; : col de l’utérus, endomètre, ne voient pas leur incidence augmenter sous THS. Pour le cancer de l’ovaire, les résultats sont contradictoires et, finalement, assez peu convaincants.

Un mélanome de la peau anciennement traité et apparemment guéri n’est pas non plus une contre-indication à l’hormonothérapie de la ménopause.

Il semble bien démontré actuellement que le THS diminue substantiellement la fréquence du cancer du gros intestin.

A LIRE …

« APRES LA MENOPAUSE. Une nouvelle vie devant soi »

Professeur André GORINS

Editions Josette LYON

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