Ménopause – Causes, symptômes et traitement

La ménopause n’est pas une maladie alors pourquoi la traiter ? Autrefois, la médecine était faite pour soigner les maladies, surtout quand elles étaient graves. Aujourd’hui, la médecine soigne et guérit souvent les maladies graves et celles qui le sont moins mais joue aussi un rôle d’éducation , de prévention et améliore notre vie quotidienne. Médecine de la qualité de vie et de prévention, le traitement hormonal substitutif (THS) s’inscrit dans un champ d’action vaste et ambitieux.
Le THS peut ainsi supprimer les troubles vasomoteurs , améliorer le sommeil et l’état neuropsychique, préserver la trophicité génitale et l’activité sexuelle et, à plus long terme, prévenir l’ostéoporose, réduire le risque cardiovasculaire, en particulier coronarien, et, peut-être, nous l’espérons aujourd’hui, diminuer le risque de survenue de la maladie d’Alzheimer.
Auparavant, l’état de bonne santé était défini de façon négative, comme une absence de maladie. Aujourd’hui, la définition de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) est positive : l’état de bonne santé se traduit par un « complet bien-être physique, mental et social « . La ménopause peut altérer ces différents aspects du bien-être et donc l’état de bonne santé, tel que défini par l’OMS.
Les traitements de la ménopause permettent aussi une surveillance régulière et la pratique d’examens de dépistage chez des femmes peu enclines à consulter spontanément à un âge où, pourtant, la pathologie bénigne et maligne, gynécologique et mammaire devient particulièrement fréquente.

Le principe

Le THS consiste à substituer des hormones ( c’est pour cela que les médecins l’appellent Traitement Hormonal Substitutif) à celles que vos ovaires sécrétaient lorsque vous aviez vos règles: estrogènes tout au long du cycle et progestérone, normalement sécrétée en seconde moitié de cycle de l’ovulation jusqu’aux règles suivantes. Lors d’un THS, on emploie habituellement un estrogène naturel et de la progestérone ou un de ses dérivés appelé progestatif qui mime ses actions. Ces hormones sont fabriquées en laboratoire en copiant la formule des hormones physiologiques de façon à en reproduire les propriétés.

Les différents traitements

Le THS associe un estrogène + un progestatif.
En France, les estrogènes se présentent sous plusieurs formes: gels à appliquer tous les jours sur le corps, timbres cutanés ou patchs à changer 1 ou 2 fois par semaine (il en existe différentes tailles correspondant à différents dosages: les plus utilisés sont un peu plus gros qu’une pièce de 2 euros), comprimés à avaler tous les jours et d’aérosol nasal. La progestérone et les progestatifs se présentent sous forme de comprimés.
Il existe également des préparations toutes faites associant dans les mêmes comprimés estrogène et progestatif et se présentant sous forme de plaquettes comparables à celles des pilules contraceptives.
Il existe des traitements avec ou sans règles.
Lors des traitements avec règles, l’estrogène est prescrit de 21 à 30 jours par mois et le progestatif les 10 à 14 derniers jours de l’estrogène. Par exemple, vous commencez le traitement le 1er du mois puis vous prenez l’estrogène du 1 au 12 du mois, puis l’estrogène associé au progestatif du 13 au 24 du mois, puis aucun traitement du 25 à la fin du mois. Pendant la période d’arrêt que les médecins appellent « la fenêtre thérapeutique » surviennent des saignements. Ces règles, habituellement peu abondantes, sont artificielles comme les règles sous pilule et ne signifient pas un retour de la fécondité.
Lors des traitements sans règles, l’estrogène et le progestatif sont prescrits ensemble soit 25,
soit 30 jours sur 30. Dans ce cas, la dose de progestatif est habituellement diminuée de moitié par rapport à celle qui est employée dans les traitements avec règles.
Ce traitement convient surtout aux femmes ménopausées depuis 2 années au moins car auparavant, il existe un risque élevé de saignement.

Que choisir ?

Les besoins en hormones varient d’une femme à l’autre. Les différentes formes, les différents dosages et les nombreuses spécialités disponibles permettront de trouver la formule qui vous conviendra le mieux. Votre médecin vous conseillera. Quel que soit votre choix, celui-ci n’est jamais définitif et vous aurez toujours la possibilité de changer d’avis. Un traitement hormonal substitutif peut toujours être différé, suspendu, repris ou adapté afin de mieux correspondre à vos désirs et votre intérêt.

Contre-indications

Les contre-indications au THS sont peu nombreuses mais doivent être respectées. Ce sont principalement les antécédents personnels de cancer du sein et de thrombose: phlébite, embolie. En cas de thrombose, un traitement pourra être envisagé à distance de celle-ci mais seule l’administration cutanée (gels ou timbres) ou nasale pourra être employée. D’autres problèmes ne constituent pas des contre-indications mais nécessitent des précautions d’emploi: les maladies bénignes du sein (les mastoses), les fibromes, l’endométriose, les méningiomes.

Adaptation du traitement

Au moment de la ménopause, chaque femme représente un cas particulier: vos troubles, vos facteurs de risque (par exemple d’ostéoporose) et vos réactions (efficacité et tolérance) aux traitements sont personnels. D’autre part, votre médecin bénéfice d’une vaste gamme de traitements hormonaux de la ménopause (différentes voies d’administration, différents protocoles et différents dosages). Souvent, la première prescription hormonale est efficace et bien tolérée. Dans d’autres cas, avant de trouver un traitement adapté à votre problème, votre médecin peut être amené, en général lors des premiers mois, à modifier votre traitement. N’hésitez donc pas à le contacter ou le revoir en cas de problème. La persistance des troubles, en particulier des bouffées de chaleur, est le plus souvent en rapport avec un sous dosage en estrogènes alors que des symptômes congestifs (tension des seins ou gonflements) évoquent, au contraire, un sur dosage. Il faut trouver la posologie adéquate, efficace et bien tolérée.

Surveillance

la surveillance du THS est identique à celle que devrait suivre toute femme après 50 ans, même sans traitement. Le bilan de départ comprend (au minimum) un examen clinique général et gynécologique, des frottis de dépistage, une mammographie, un bilan sanguin du sucre et des graisses. Après une première prescription de 3 mois, la surveillance ultérieure consiste habituellement en 1 à 2 consultations par an, des frottis réguliers et une mammographie tous les 2 ans. Dans certains cas, d’autres examens, comme une ostéodensitométrie, ou une surveillance plus rapprochée peuvent être utiles. Votre médecin vous conseillera et vous donnera toutes les informations utiles. Ces examens permettent une surveillance régulière et un dépistage précoce à un âge où la pathologie bénigne et maligne, gynécologique et mammaire devient particulièrement fréquente. Ainsi, les femmes suivant un traitement hormonal substitutif bénéficient d’une meilleure surveillance que les femmes non traitées. Acceptez et respectez cette vigilance, peu contraignante, qui est le gage de votre sécurité.

LES ALTERNATIVES AU TRAITEMENT HORMONAL

La tibolone est un produit particulier, possédant des propriétés communes aux estrogènes, à la progestérone et, accessoirement, aux androgènes. Actif sur les symptômes vasomoteurs et la sécheresse vaginale, ses autres effets possibles sur l’os, le système cardio-vasculaire et le sein sont en cours d’évaluation.

Différents traitements non hormonaux peuvent être prescrits pour les bouffées de chaleur. Leurs résultats sont variables et aléatoires.

Des produits actifs, spécifiquement sur l’os, sont également disponibles. Utiles si les estrogènes sont contre-indiqués ou en relais de ceux-ci, ils n’ont aucun effet sur les bouffées de chaleur, la peau, les muqueuses, l’athérosclérose et la mémoire. En revanche, certains d’entre eux peuvent, parfois constituer un complément utile à un THS, surtout si la dose d’estrogène utilisée est faible et si votre risque de faire une fracture est élevé.

La sécheresse vaginale peut être améliorée par des produits locaux, hormonaux ou non.

Les phyto-estrogènes sont, actuellement, en cours d’évaluation. leur efficacité n’est démontrée pour l’instant que pour leur action limitée sur les bouffées de chaleur.

Quant à la DHEA, ses effets éventuels, positifs ou négatifs ne sont pas évalués.

CONCLUSION

Le traitement hormonal substitutif de la ménopause, permet d’améliorer votre qualité de vie. Il ne constitue pas une obligation, mais un choix : il doit être personnalisé et adapté à chaque femme, et motivé par des bénéfices attendus et identifiés en fonction de chaque cas individuel. Enfin, ses bénéfices et ses risques devront être régulièrement réévalués. Ceci suppose que vous soyez informée de ses avantages et de ses inconvénients. Ne vivez pas avec des idées fausses. N’hésitez pas à en parler à votre médecin qui vous fournira de plus amples informations.

Brochure éditée par l’AFEM